Sur la route des élections burundaises : entre bruits de bottes et effondrement économique

 Rapport sur la situation pré-électoraleau Burundi 2025-2027
Publié par (EurAc Réseau Europe-Afrique centrale)
Ce rapport intitulé « Sur la route des élections burundaises : entre bruits de bottes et effondrement économique » est le fruit d’un travail de collaboration entre le secrétariat du réseau Europe-Afrique centrale (EurAc) , ses membres et des représentants de la société civile burundaise.

Rapport alternatif de suivi de la société civile sur la mise en oeuvre des 4 recommandations prioritaires formulées par le Comité des Nations-Unies contre la torture (CAT) au Burundi

Ce rapport a été rédigé conjointement par 10 organisations de la société civile burundaise, soutenues par l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) et la Fédération Internationale des ACAT (FIACAT) :
  1. Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Burundi)
  2. Association pour la Protection des droits humains et des
    personnes détenues (APRODH)
  3. Collectif des Avocats des Victimes de Crimes de Droit
    International commis au Burundi (CAVIB)
  4. Coalition Burundaise des défenseurs des droits de l’homme (CBDDH)
  5.  Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en danger
    (ESDDH)
  6. Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE)
  7. Ligue burundaise des droits de l’homme « ITEKA »
  8. Mouvement des femmes et filles « INAMAHORO »
  9. Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi
    (MFFPS)
  10. SOS-Torture Burundi

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Déclaration conjointe « Burundi : Torture, disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires persistent malgré les engagements de l’État »

Dix organisations de la société civile burundaise, sous la coordination de SOS-Torture Burundi et avec le soutien de la Fédération internationale des ACAT (FIACAT), de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et du Conseil international de réhabilitation des victimes de la torture (IRCT), publient ce jour un rapport alternatif de suivi sur la mise en oeuvre par le Burundi des recommandations prioritaires formulées par le Comité des Nations Unies contre la torture (CAT) au mois de novembre 2023.
Ce rapport, qui couvre la période de novembre 2023 à mars 2025, dresse un constat alarmant de la situation des droits humains au Burundi. Il révèle notamment :

Joint statement : « Burundi: Torture, enforced disappearances and extrajudicial executions persist despite the State’s commitments »

Ten Burundian civil society organisations, under the coordination of SOS-Torture Burundi and with the support of the International Federation of ACAT (FIACAT), the World Organisation Against Torture (OMCT) and the International Rehabilitation Council for Torture Victims (IRCT), are today publishing an alternative follow-up report on Burundi’s implementation of the priority recommendations made by the United Nations Committee against Torture (CAT) in November 2023.
The report, which covers the period from November 2023 to March 2025, makes an alarming assessment of the human rights situation in Burundi. In particular, it reveals:

Intimidation des opposants à la veille des élections de 2025

En date du 9 mai 2025, sur la colline Buyumpu, frontalière avec le Rwanda, de la commune Kabarore province Kayanza,  lors des travaux communautaires, un responsable collinaire du CNDD- FDD, en compagnie d’un membre du conseil communal,  a proféré des menaces  à l’endroit de quiconque ne votera pas pour le CNDD- FDD en disant qu’il aura des problèmes très sérieux.

Ce message semblait destiné à l’ensemble de la population, mais ciblait particulièrement les membres du parti CNL. « Mwaba CNL mwe, uwuzi ko atazotumbereza kunkona amenye iyo azoba. Uwutazotora CNDD- FDD tubaye turabagabisha, azogira ibibazo bikomeye ». Signifiant en Français que « Vous, membres du CNL, gare à celui qui ne votera pas pour le CNDD-FDD. Nous vous mettons en garde qu’il aura des problèmes sérieux»

Ce climat d’intimidation qui fait peur à la population soulève des inquiétudes quant à la sécurité et à la crédibilité des prochaines élections, sans participation électorale libre et transparente.

Cet incident est survenu le jour de l’ouverture officielle de la campagne Electorale par la Commission nationale indépendante (CENI) au stade Ingoma de Gitega le 9 mai 2025 où étaient présents des leaders de partis politiques ainsi que des candidats aux élections législatives, sous le haut patronage du Président de la Republique Evariste Ndyishimye qui a prévenu au public que «  ceux qui envisagent de perturber ce processus sachent que la justice leur réservera des peines très sévères »

Agression violente d’un militant de l’opposition à Nyanza-Lac : une tension politique en hausse

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 mai 2025, Jonas Niyomwungere, membre du parti Sahwanya Frodebu et de la coalition Burundi bwa Bose, a été victime d’une agression violente à la machette sur la colline Kabo, dans la commune de Nyanza-Lac, province de Makamba.

Selon des témoins, la victime aurait été interceptée sur le chemin vers son domicile par un groupe de jeunes Imbonerakure, dirigé par Benjamin Niyomukunzi. Le motif de cette agression serait un prétendu manque de respect envers ce groupe. Jonas Niyomwungere a subi des blessures graves à la machette avant d’être secouru par des habitants de la colline, qui l’ont évacué d’urgence vers l’hôpital de Nyanza-Lac.

Cet acte de violence s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu à Nyanza-Lac, où les militants du CNDD-FDD, parti au pouvoir, sont régulièrement accusés d’intimidation à l’encontre des membres de partis d’opposition, en particulier ceux de la coalition Burundi bwa Bose. Des responsables de ces partis dénoncent des arrestations arbitraires, des agressions physiques répétées et une impunité persistante.

DECLARATION RELATIVE A L’AGRESSION DE Willy KWIZERA, JOURNALISTE DE LA RADIO BONESHA FM

Les agresseurs du journaliste Willy Kwizera doivent être poursuivis et punis conformément à la loi


En date du 28 avril 2025, Willy Kwizera, journaliste à la radio Bonesha FM a été brutalement agressé par les représentants des étudiants de l’université du Burundi, campus de Mutanga, alors qu’il s’y rendait pour réaliser un reportage.

Selon les informations crédibles, six étudiants ont violemment tabassé Mr Kwizera , l’accusant d’être un ennemi du pays pour avoir, selon eux partagés des informations avec des défenseurs des droits humains, notamment Pacifique Nininahazwe. Ces actes constituent non seulement une grave atteinte à l’intégrité physique du journaliste, mais aussi et surtout une violation flagrante de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et du droit à l’information.

Nous rappelons que le travail des journalistes est essentiel dans toute société démocratique et que la protection des professionnels des médias est une obligation des autorités publiques. Aucune forme de violence ou de menace à l’égard d’un journaliste ne saurait être tolérée.

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