Des électeurs dénoncent des votes forcés en province de Cibitoke

Alors que le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, assure que le scrutin s’est déroulé dans le calme et la transparence, des habitants des communes de Mugina et Cibitoke et Gihanga parlent d’intimidations, de votes forcés et de manipulations grossières. L’opposition dénonce une parodie électorale orchestrée pour légitimer des résultats déjà connus d’avance.

Le climat électoral de ce 5 juin 2025 a été marqué par une contestation et une indignation de la part des électeurs dans les communes de Mugina, Cibitoke et Gihanga où de nombreux habitants affirment avoir été contraints de se rendre aux urnes contre leur gré. Des témoignages recueillis sur place évoquent l’existence de groupes Imbonerakure chargés de faire pression sur les citoyens, les forçant à aller voter sous la menace ou la peur de représailles.

« On nous a menacés de sanctions si nous ne votions pas. Ce n’est pas une élection, c’est une mascarade électorale pure et simple », confie un habitant de Mugina, visiblement en colère ajoutant que des cas de distribution multiple de cartes d’électeurs ont également été signalés. Selon plusieurs sources locales, certaines cartes appartenant à des personnes absentes ont été utilisées par d’autres pour voter en leurs noms.

Les responsables des partis non alignés au CNDD-FDD dénoncent une manipulation électorale d’envergure, visant à donner une légitimité fictive à un scrutin déjà verrouillé. « Les résultats qui en sortiront ne refléteront en rien la volonté du peuple. Ce scrutin est une imposture » d’après un des cadres des partis politiques de l’opposition rencontres sur place.

Face à ces accusations, les autorités locales du CNDD-FDD rejettent en bloc toute allégation d’irrégularité. Elles affirment que le vote s’est déroulé dans la sérénité et que les critiques relèvent de la mauvaise foi. « Ces allégations sont infondées ajoutant que c’est une tentative de discréditer un processus démocratique que le peuple a librement choisi », a déclaré un responsable local du parti au pouvoir en commune Mugina.

Une chose est certaine : la contestation risque de s’amplifier à mesure que les résultats seront proclamés.

 

 

Des fraudes électorales massives dénoncées en province de Rumonge

Au Burundi, le 5 juin 2025 a été une journée hors du commun pour marquer l’histoire démocratique où des burundais estimes à 6 millions d’électeurs sont appelés à élire les députes et les conseillers communaux. Le scrutin organisé dans 14 521 bureaux de vote répartis sur tout le territoire d’après les précisions de la CENI.

Néanmoins, à Rumonge, pleines irrégularités ont été signalées comme : des mandataires qui ont été refusés d’accéder aux bureaux de vote, des gens surpris en train glisser des bulletins dans l’urne pour le compte du CNDD-FDD … Ce qui suscité une manière de cacher des irrégularités en empêchant toute observation indépendante.

Le climat électoral à Rumonge a été assombri par de graves accusations de fraudes. Un responsable d’un parti politique d’opposition qui n’a pas souhaité de révéler son identité, affirme que les élections communales et législatives ont Rumomge ont été « marquées par des irrégularités flagrantes, planifiées et exécutées par les autorités administratives, les responsables du parti CNDD-FDD et les présidents de certains bureaux de vote ».

Des cas concrets de manipulation du vote ont été signalés dans plusieurs localités de la commune de Rumonge, notamment dans les quartiers urbains, à Kizuka, Minago et Kigwena et en commune Burambi province de Rumonge.

Au centre de vote situé au quartier Mugomere 1, un mandataire contacté a rapporté que le chef de ce quartier a été surpris en train de glisser une trentaine de bulletins dans l’urne, alors que peu d’électeurs s’étaient encore présentés.

Dans la zone de Kizuka, un président de bureau de vote aurait été vu en train de voter à la place des citoyens, Sur la colline Mwange, également dans la zone de Kizuka, les mandataires des partis politiques ont été empêchés d’accéder aux bureaux de vote, ce qui va à l’encontre des règles électorales en vigueur. Le même constat a été fait à Cabara zone kigwena Minago où aucun mandataire n’a été autorisé à observer les opérations électorales.

Pour un des responsables politiques dont les mandataires ont été refusés d’accéder aux bureaux de vote, cela s’interprète comme signe éloquent de fraude électorale en voulant cacher des irrégularités en empêchant toute observation indépendante.

Interpellée sur la situation, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a rappelé que « les membres des bureaux de vote n’ont aucun droit d’interdire l’accès aux mandataires munis d’accréditations délivrées par la CENI ». Mais selon les observations de journalistes de la Synergie des Médias déployés dans la région, les présidents de bureaux de vote ne disposaient pas d’équipements radio pour recevoir en direct les instructions de la CENI, compromettant ainsi la bonne crédibilité de ce processus.