Une surpopulation carcérale alarmante au cachot du commissariat de Cibitoke

Une surpopulation carcérale alarmante au cachot du commissariat de Cibitoke

Un total de 179 détenus, dont 18 mineurs, entassés depuis le début du mois de janvier 2026 dans des conditions jugées inhumaines au cachot du commissariat de police de Cibitoke dans la province de Bujumbura. Faisant face à une surpopulation carcérale préoccupante, les adultes et les mineurs partageant les mêmes cellules, cette situation soulève de graves inquiétudes sur le respect des droits humains et des conditions de détention.

Selon les informations recueillies, ces détenus sont au total 179, parmi lesquels 18 enfants mineurs incarcérés avec des adultes, une situation qui suscite de vives inquiétudes violant la procédure pénale qui précise « qu’une détention préventive ne dépasse pas au maximum 14 jours » mais aussi et surtout que « pour la privation de liberté, les mineurs doivent être séparés des adultes »

Des conditions de détention intenables

Selon des sources policières chargées de la gestion du cachot, la surveillance des détenus devient de plus en plus difficile en raison de leur nombre excessif. Faute d’espace suffisant, certains détenus sont contraints de s’asseoir les uns sur les autres, tandis que d’autres passent la nuit debout ou près des fenêtres des cellules. Les autorités expliquent que cette situation est aggravée par le transfert continu de suspects en provenance des communes voisines, souvent sans qu’une solution durable ne soit trouvée pour leur prise en charge. Il sied de préciser que la majorité des détenus sont poursuivis pour vols qualifiés, abus de confiance, viols, meurtres, ainsi que pour le transport frauduleux de marchandises en RDC et faire traverser de ressortissants congolais en RDC via la rivière Rusizi.

Des détenus privés de justice et de soins

Plusieurs détenus dénoncent des détentions prolongées sans jugement. L’un d’eux affirme être incarcéré depuis trois mois pour une dette de 150 000 francs burundais, qu’il s’était pourtant engagé à rembourser au niveau communal. Transféré malgré tout au cachot de Cibitoke, il se dit aujourd’hui gravement malade, sans accès aux soins médicaux. D’autres détenus déclarent ne jamais voir de magistrats. Selon eux, seuls ceux disposant de relations ou de moyens financiers parviennent à être présentés devant la justice, tandis que les autres restent oubliés en détention.

Ils demandent que les procès soient organisés rapidement et que les personnes déjà condamnées soient transférées vers la prison centrale de Mpimba, afin de désengorger le cachot.

Accusations de corruption et de pratiques illégales

Certains détenus dénoncent également des paiements illégaux exigés dès l’arrivée au cachot. Un nouveau détenu devrait, selon eux, verser une somme dite de « bougie » pouvant atteindre 100000 francs burundais, dont 20000 francs reviendraient aux policiers chargés de la surveillance. Officiellement destinées à l’alimentation des détenus, ces sommes profiteraient en réalité aux responsables du cachot. Les visiteurs, quant à eux, seraient contraints de payer 2 000 francs par heure de visite, avec des frais supplémentaires en cas de dépassement, une pratique jugée abusive et humiliante.

Malades sans assistance et appel au changement

Les détenus dénoncent aussi le refus fréquent de transfert vers les hôpitaux pour les personnes malades, malgré leur droit à des soins. Ils demandent enfin une rotation régulière des policiers affectés au cachot, estimant que les longues affectations favorisent les abus et les pratiques de corruption.

Réaction des autorités

Interrogé à ce sujet, le procureur du parquet de Cibitoke reconnaît que la surpopulation est parfois due aux transferts depuis les communes. Il évoque également le manque de véhicules et de carburant pour acheminer les détenus déjà condamnés vers la prison centrale de Mpimba. Concernant les accusations de corruption visant les policiers, il dément ces pratiques, affirmant n’avoir reçu aucune plainte officielle et appelant à l’ouverture d’enquêtes en cas de dénonciations formelles.

 

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