Violences contre les enfants en province de Bujumbura

 

En l’espace de moins de trois mois depuis le début de l’année 2026, les communes cibitoke, Mugina et Bukinanyana font face à une recrudescence alarmante de crimes visant des enfants. Trois mineurs et seize autres ont été victimes de violences sexuelles, selon des sources locales administrative et judiciaires.

Les données reccueillies auprès des responsables locaux chargés de la compilation des statistiques font état de trois enfants retrouvés morts et seize cas de viols, tous concernant les mineurs de moins de 15ans.

Un enfant de 8ans retrouvé mort à Mugina.

Dans la commune de Mugina, le corps sans vie d’un enfant de 8 ans a été découvert dans la zone Butahana, sur la colline de Rutorero. Par ailleurs, cinq cas de viol ont été signalés sur les collines de Rumvya, kibande, Nyamakarabo et Nyempundu. A ce jour, aucun suspect n’a été identifiédans le cas de cet enfant retrouvé mort.

Deux corps découverts à Cibitoke

Dans la commune de cibitoke, deux enfants ont été retrouvés morts sur les rives de la rivière Nyamagana, sur la colline de Rusiga. Quatre autres enfants ont été victimes de violences sexuelles sur les collines de Rukana, Rusororo, Ngoma et Kagazi.

Sept cas de viol signalés à Bukinanyana.

La commune de Bukinanyana enregistre à elle seule sept cas de viol d’enfants sur les collines de Nyamitanga, Bihembe, Shimwe, Nyangwe et Rangira. Selon les informations reccueillies, les auteurs présumés de ces violences sexuelles seraient notamment des creuseurs artisanaux d’or , des conducteurs de motos et des commercants. Parmi eux, seuls deux suspects auraient été arretés. Les autres circuleraient librement, bénéficiant, selon certaines sources locales, des protections liées à leur appartenance au parti au pouvoir, CNDD-FDD.

Accusation de corruption et d’impunité

Des habitants dénoncent également une banalisation des violences sexuelles contre les enfants. Selon plusieurs témoignages, certains responsables collinaires seraient accusés d’étouffer en échange de pots-de-vin, évitant ainsi leur transmission auprès des instances judiciaires. Des accusations similaires visent certains responsables de la police judiciaire., soupconnés de protéger les auteurs présumés de ces crimes. Ces pratiques suscitentla colère des parents et des défenseurs des droits de l’enfant, qui réclament sanctions exemplaires à l’encontre des coupables afin de restaurer la confiance et dissuader toute récidive.

Les autorités promettent des poursuites

Interrogés à ce sujet, les responsables administratifs des communes concernées, affirment que les cas portés à leur connaissance font l’objet de poursuites judiciaires. Ils reconnaissent, toutefois, que certaines affaires ne leur sont pas toujours signalées au niveau collinaire.  Le procureur de cibitoke confirme de sa part, que les suspects identifiés sont traduits devant les juridictions compétentes. Il appelle les responsables locaux à encourager la population à dénoncer systématiquement toute personne soupconnée de violences sexuelles afin que la justice puisse faire son travail. Face à la gravité de la situation, les organisations de défense des droits de l’enfant et les parents appellent à une mobilisation générale pour mettre fin à l’impunité et protéger les mineurs contre ces crimes odieux.