Audace Havyarimana : « Je vis actuellement en exil car les menaces à mon endroit n’ont pas cessé après ma libération … »

                Audace Havyarimana

Né en 1976, je suis juriste et j’ai obtenu un diplome de Licence en Droit édition 2007 après la défense de mon travail de fin d’étude intitulé: « Concours du Droit International Humanitaire et du Droit International des Droits de l’Homme dans la protection des populations civiles victimes d’un conflit armé interne ». Depuis 2001, je me suis activement suis engagé  dans la lutte pour l’éducation, la défense et la promotion des droits de la personne humaine. En qualité de Représentant Légal de l’Association pour la Paix et les Droits de l’Homme (APDH) et de mon activisme au service des droits humains, j’ai été  une des victimes du rétrécissement de l’espace civique au Burundi depuis 2023 passant par diverses menaces aboutissant à mon  arrestation et détention illégales ainsi que l’exil.

J’ai subi diverses exactions et plus amblematique est mon arrestation du mardi 14 février 2023, par des agents du Service National de Renseignement à Bujumbura avec trois de mes collègues au moment où  nous nous  apprêtions à voyager pour Kampala afin de prendre part à une rencontre avec des partenaires.

Il s’agissait de Me Sonia Ndikumasabo, Présidente de l’Association des Femmes Juristes du Burundi (AFJB), Marie Emerusabe, Coordinatrice générale de AFJB, Sylvana Inamahoro, Directrice exécutive de l’APDH ainsi que Prosper Runyange, un des chfs de projets de l’APDH, arrêté dans le cadre du même dossier à Ngozi et conduit au Service National de Renseignement à Bujumbura.

Nous avons  été transférés à la prison centrale de Mpimba dans la soirée de jeudi 16 février 2023, après avoir été auditionnés par le substitut du procureur du Parquet Près le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa.

Nous étions accusés injustement étaient accusés d’« Atteinte à la Sécurité Intérieure de l’Etat/ASIE », de « Rébellion » et d’«Atteinte au Bon Fonctionnement de l’Economie Nationale/ABEFEN». Après une forte pression de la communauté internationale, cette pénible détention illégale a duré deux mois et demie lorsque nous avons été libérés le 28 avril 2023 au lendemain de notre comparution  en audience publique du 27 avril 2023, devant le TGI Ntahangwa en itinérance à la prison centrale de Mpimba.

Etant un des membres fondateurs de l’organisation Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en danger(ESDDH), je vis actuellement en exil car les menaces à mon endroit n’ont pas cessé après ma libération d’autant plus que le contexte socio-politique et sécuritaire burundais  demeure généralement fortement hostile au travail des  défenseurs des droits humains.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *