Agression violente d’un militant de l’opposition à Nyanza-Lac : une tension politique en hausse

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 mai 2025, Jonas Niyomwungere, membre du parti Sahwanya Frodebu et de la coalition Burundi bwa Bose, a été victime d’une agression violente à la machette sur la colline Kabo, dans la commune de Nyanza-Lac, province de Makamba.

Selon des témoins, la victime aurait été interceptée sur le chemin vers son domicile par un groupe de jeunes Imbonerakure, dirigé par Benjamin Niyomukunzi. Le motif de cette agression serait un prétendu manque de respect envers ce groupe. Jonas Niyomwungere a subi des blessures graves à la machette avant d’être secouru par des habitants de la colline, qui l’ont évacué d’urgence vers l’hôpital de Nyanza-Lac.

Cet acte de violence s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu à Nyanza-Lac, où les militants du CNDD-FDD, parti au pouvoir, sont régulièrement accusés d’intimidation à l’encontre des membres de partis d’opposition, en particulier ceux de la coalition Burundi bwa Bose. Des responsables de ces partis dénoncent des arrestations arbitraires, des agressions physiques répétées et une impunité persistante.

DECLARATION RELATIVE A L’AGRESSION DE Willy KWIZERA, JOURNALISTE DE LA RADIO BONESHA FM

Les agresseurs du journaliste Willy Kwizera doivent être poursuivis et punis conformément à la loi


En date du 28 avril 2025, Willy Kwizera, journaliste à la radio Bonesha FM a été brutalement agressé par les représentants des étudiants de l’université du Burundi, campus de Mutanga, alors qu’il s’y rendait pour réaliser un reportage.

Selon les informations crédibles, six étudiants ont violemment tabassé Mr Kwizera , l’accusant d’être un ennemi du pays pour avoir, selon eux partagés des informations avec des défenseurs des droits humains, notamment Pacifique Nininahazwe. Ces actes constituent non seulement une grave atteinte à l’intégrité physique du journaliste, mais aussi et surtout une violation flagrante de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et du droit à l’information.

Nous rappelons que le travail des journalistes est essentiel dans toute société démocratique et que la protection des professionnels des médias est une obligation des autorités publiques. Aucune forme de violence ou de menace à l’égard d’un journaliste ne saurait être tolérée.

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LA COOPÉRATION ENTRE LA BELGIQUE ET LE BURUNDI DOIT ÊTRE BÂTIE SUR LE RESPECT DES DROITS HUMAINS GRAVEMENT COMPROMIS DEPUIS 2015 : Communiqué de Presse de la Société Civile Burundaise Indépendante

Communiqué de Presse de la Société Civile Burundaise Indépendante en rapport avec la visite du Vice-Premier ministre Belge et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au développement.

  1. La Société Civile Burundaise Indépendante exprime sa profonde inquiétude et sa déception suite au discours tenu par Monsieur Maxime Prévôt, Vice- Premier Ministre belge et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au développement à l’occasion de sa visite au Burundi le samedi 26 avril 2025 dans le cadre de sa tournée régionale dans la région des grands-lacs.
  1. Dans son discours, le Vice-Premier Ministre belge et Ministre des Affaires étrangères a rappelé que sa venue au Burundi intervient après plus de 10 ans qu’il n’y avait pas de visite ministérielle de la Belgique depuis la crise de 2015. Il a promis de tourner la page en renforçant la coopération avec le Burundi au niveau des affaires étrangères et à la fois au niveau de la coopération internationale. Il a en outre annoncé le soutien de la Belgique « à la trajectoire du président de la République d’ici 2040-2060 » pour le redressement socio-économique du Burundi et à la formation des officiers de l’armée burundaise.
  1. S’exprimant au nom du Royaume de Belgique, le Vice-Premier Ministre belge et ministre des Affaires étrangères précise en outre que « le Burundi est un acteur qui compte, un acteur qui a toujours compté et avec lequel il faudra continuer de compter, pour pouvoir être un acteur de solution et de pacification dans la région des Grands-Lacs et on le sait singulièrement à l’Est du Congo » et n’a pas manqué d’ajouter que « …. le Burundi est un pays d’espoir, un pays de paix et pacificateur ».

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Une femme détenue dans des conditions inhumaines avec son bébé de 3 mois dans un conteneur à Bugendana

En commune Bugendana, zone Mutoyi, province de Gitega, une femme d’une trentaine d’années, Goreth Niyibizi, a été arrêtée et incarcérée avec son bébé de 3 mois depuis le 25 avril 2025 dans des conditions inhumaines. Détenue dans un conteneur, sa privation de liberté est liée à défaut de trouver son mari du nom de Noé qui aurait pris fuite, accusé d’avoir percuté un passant par moto. Cette détention de Goreth Niyibizi suscite une grande indignation au sein des habitants et des autorités locales de la colline Cishwa commune Bugendana.

Selon les informations recueillies sur place, Goreth Niyibizi est retenue en l’absence de toute décision judiciaire officielle, une situation dénoncée comme étant abusive par les habitants de Cishwa, sa colline d’origine.

Jacqueline Funege, chef de colline de Cishwa, confirme cette détention inhumaine et promet de suivre de près le dossier. « Nous ne baisserons pas les bras tant que Goreth Niyibizi ne sera pas libérée et rétablie dans ses droits », a-t-elle déclaré. Interrogé sur les circonstances de cette détention, le commissaire communal de la police de Bugendana, Yves Ndikumana, justifie l’arrestation pour des besoins d’enquête, précisant que la femme sera libérée dès que son mari sera appréhendé. Toutefois, sur la question de la détention dans un conteneur, le commissaire Yves Ndikumana préfère garder le silence.

Signalons que la femme a été finalement relâchée le 27 avril 2025 grâce à l’implication de la cheffe collinaire de Gishwa soutenue par les habitants de cette même colline. Noé, le mari de Goreth Niyibizi est toujours introuvable.

Malgré cette libération de Mme Goreth Niyibizi, cette affaire relance le débat sur la violation de procédure judiciaire suivi quant à arrêter et emprisonner une personne à la place d’une autre pour une affaire pénale mais aussi les conditions de détention inhumaine et le respect des droits humains en particulier pour les femmes et les enfants.

DÉCENNIE SOUS TENSION À HAUT RISQUE DU PIRE (2015-2025) : Mémorandum de la société civile sur une crise socio-politique qui perdure

« La transgression des règles constitutionnelles et le non-respect des mandats présidentiels, source d’une crise majeure toujours non résolue au Burundi (2015-2025). »

La crise politique survenue au Burundi en 2015 s’est soldée par un climat de tension continue et une gouvernance autoritaire régie par des institutions fragilisées à mesure que la crise perdure.

A titre de rappel, en avril 2015, le président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a pris la décision de briguer un troisième mandat en violation de la constitution du Burundi de 2005 et de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi signé en 2000, fondement du processus de paix après une décennie de guerre civile (1993-2003) qui limitaient le nombre de mandats présidentiels à deux.

En conséquence, une crise de grande ampleur fut déclenchée le 25 avril 2015 par l’annonce fatidique de la candidature de Pierre Nkurunziza au troisième mandat Le lendemain, le 26 avril 2015, un vaste mouvement citoyen de contestation s’en est suivi, sur appel de certains partis politiques d’opposition, de la société civile, et des membres influents du parti au pouvoir CNDD-FDD.

Dès le déclenchement des manifestations, pourtant conformes à la loi, le pouvoir a ordonné à la police d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour étouffer ce mouvement contestataire né dans un contexte préexistant de graves violations des droits humains, de mauvaise gouvernance, marquée par une corruption endémique.

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Déclaration No006 CDH/VICAR2025 concernant les enlèvements de réfugiés burundais en Tanzanie.

La Coalition pour la Défense des Droits Humains Vivant dans les Camps de Réfugiés (CDH/VICAR) exprime sa plus vive inquiétude et sa ferme condamnation face aux enlèvements récurrents visant des réfugiés burundais en Tanzanie, en particulier dans le camp de réfugiés de Nduta.

Au cours des deux dernières semaines seulement, au moins 10 réfugiés burundais ont été enlevés par des hommes non identifiés à bord d’une camionnette aux vitres teintées. Cinq d’entre eux ont été enlevés dans la nuit du 8 avril 2025. Ces enlèvements se déroulent dans un silence alarmant, notamment de la part du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui reste jusqu’à présent inactif face à ces violations graves des droits humains.

Ces faits viennent raviver des souvenirs douloureux. En 2020, plusieurs réfugiés burundais ont été enlevés dans des circonstances similaires. Certains ont été retrouvés dans des prisons au Burundi, ce qui nous a permis de conclure que ces opérations sont menées par les services de renseignement tanzaniens en collaboration avec les services de renseignement burundais.

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UN ENTRAINEMENT MILITAIRE DES JEUNES IMBONERAKURE VIRE AU DRAME EN PROVINCE DE CIBITOKE

Au cours d’un entraînement militaire destiné aux Imbonerakure, la jeunesse affiliée au parti au pouvoir, le CNDD-FDD, en province de Cibitoke à l’Ouest du pays, le mardi 25 mars 2025, un tragique incident s’est produit aux alentours de 16 heures.

Des tirs d’armes lourdes et légères au champ de tir de Cishemere, situé à moins de trois kilomètres du centre provincial, ont atteint des orpailleurs travaillant sur un site aurifère voisin. Le bilan est lourd : deux Orpailleurs sont morts sur place et trois autres ont été gravement blessés puis transférés en soins intensifs. Selon des témoins oculaires, les exercices militaires ont semé la panique parmi la population locale. Les balles perdues et éclats d’obus ayant causé cette tragédie posent de sérieuses questions sur la sécurisation des zones proches des lieux d’entraînement.

Un Entraînement Encadré, mais Controversé

Ces manœuvres militaires impliquaient non seulement des Imbonerakure, mais également des membres de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) et, selon une source sécuritaire locale, des combattants des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Toujours d’après cette source, ces entraînements viseraient à préparer de futurs déploiements au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans la lutte contre les rebelles du M23.

Cependant, la militarisation des Imbonerakure suscite de plus en plus d’inquiétudes. Alors que ces jeunes sont censés être des militants politiques, leur implication dans des exercices armés est perçue comme une menace pour la sécurité des civils et pour la stabilité de la région.

Réactions Officielles et Inquiétude de la Population

Le commandant du 112ᵉ bataillon du camp de Cibitoke a confirmé la mort des deux orpailleurs. Il a toutefois qualifié cet incident d’« isolé » et assuré que des messages de prévention sont régulièrement diffusés pour éloigner les civils des zones d’entraînement. Néanmoins, il a nié toute implication des Imbonerakure malgré les témoignages concordants et les aveux de certains membres de ce mouvement.

Les habitants, quant à eux, expriment leur colère et leur peur. Ils réclament l’arrêt immédiat de ces exercices militaires dans des zones habitées ou proches de sites de travail. La situation est d’autant plus préoccupante que le champ de tir de Cishemere n’est pas seulement proche des zones d’habitation, mais également d’un site de transit pour les réfugiés congolais. Les habitants ont signalé que ce n’est pas la première fois que des civils soient victimes des accidents liés aux exercices militaires à Cishemere. En moins de six mois, huit personnes, dont six enfants, ont perdu la vie dans des incidents similaires. Ces enfants, souvent à la recherche de débris métalliques, ont été tués par des engins explosifs non désamorcés.

Ces drames successifs soulèvent des interrogations sur la responsabilité des autorités en matière de sécurisation des zones militaires. La population s’interroge également sur l’utilisation des jeunes du parti au pouvoir comme force paramilitaire, un phénomène qui pourrait fragiliser davantage la paix sociale.

Rutana- justice : Le Commissaire de Police Gérard Nduwimana arrêté à Rutana soupçonné de menacer la femme de son débiteur d’une somme de 15 millions.

Le commissaire de police de l’air et des frontières de Rutana, Gérard Nduwimana, a été arrêté dans la nuit du jeudi 27 mars 2025, à Rutana   sur ordre du procureur général près la cour d’appel de Makamba.

Gérard Nduwimana, un haut responsable de la police provinciale, est accusé d’avoir menacé, avec son arme à feu, la femme d’un de ses débiteurs, un commerçant bien connu de la région, d’une somme de 15 millions de francs burundais.

Le débiteur est un homme d’affaires influent, proche du gouverneur de la province, Olivier Nibitanga, et membre du parti au pouvoir. Selon des informations sur place, le commerçant aurait fui la province après avoir appris que son créancier avait saisi les autorités judiciaires et policières pour l’aider à récupérer la somme qui lui était due. Craignant des représailles, l’homme a envoyé sa femme à Rutana pour vendre leur maison située au chef-lieu de la province afin de rejoindre son mari en Zambie.

Des sources à Rutana affirment qu’au début, l’incident s’est déroulé dans un bistrot du chef-lieu de la province. Le Commissaire de Police Gérard Nduwimana avait demandé à l’épouse de ce commerçant de lui rembourser cette dette. Gérard Nduwimana a été informé de la vente de sa maison et a demandé à être accompagné du commissaire de la police de sécurité intérieure et de quelques témoins, dont des jeunes membres du groupe Imbonerakure, lors de la transaction. Lorsque la femme s’est aperçue que le contrat de vente ne se concluait pas comme prévu, elle a accepté de rembourser 5 millions de francs sur place et de payer le reste de la dette par tranches.

Quelques heures après, l’affaire a pris un tournant inattendu. Le gouverneur de Rutana a ordonné l’arrestation du commissaire Nduwimana, l’accusant d’avoir menacé la femme avec son arme de service. Le procureur général près la cour d’appel de Makamba a donc procédé à son arrestation. Ce commissaire a été directement transféré à Makamba après avoir été désarmé.

L’arrestation de Gérard Nduwimana a provoqué un vif émoi au sein de la population de du chef-lieu de la province Rutana.

Selon nos sources sur places, le Gouverneur aurait cherché à se débarrasser du seul commissaire Tutsi, dans sa province et non membre du parti au pouvoir pour protéger ce commerçant.

L’intolérance politique se fait remarquer dans les communes de Rutana

Se manifestant sous diverses formes, l’intolérance politique qui se révèle à quelques mois des élections législatives et communales au Burundi est signalée en province Rutana. Les activités commerciales ont été paralysées par les Imbonerakure au centre urbain de Rutana

  • Les activités commerciales au centre urbain de RUTANA paralysées par les Imbonerakure

Le samedi 15 mars 2025, les jeunes Imbonerakure affiliés au parti CNDD-FDD ont paralysé les activités commerciales au centre urbain de RUTANA. Ils ont intimé l’ordre à toute personne tenant une boutique de la fermer sans justifier pourquoi. Cet ordre de fermeture de toutes les boutiques a été donné au moment où ils allaient défiler dans le cadre de la démonstration de force de ces Imbonerakure. Ils scandaient des chants menaçants et des propos violents en lien avec les prochaines élections comme: « AKUZUYE NTIKAMURIKWA,INTSINZI NI CASH,… » Pouvant se traduire en: « CE N’EST PLUS A DEMONTRER, LA VICTOIRE EST GARANTIE » Trois heures sont passées sans qu’aucune boutique n’ouvre. La population du centre de Rutana a été prise par la peur pendant cette fermeture des boutiques par force.

  • Perturbation des activités du parti UPRONA en commune Giharo          

Dans la même province de Rutana en commune GIHARO, une intolérance politique s’est manifestée lors d’une rencontre des cadres provinciaux du parti UPRONA à Rutana le 15 mars 2025. Le secrétaire de ce parti en commune de GIHARO province de Rutana, a dit que ces cadres ont été malmenés par les imbonerakure au moment où ils commençaient une réunion sur la colline BAYAGA en zone de GIHARO. L’administrateur de cette commune a dû intervenir   pour calmer la situation. Les partis politiques dans cette province craignent une escalade électorale.

Une victime de justice populaire à Rumonge

Désiré Ndikuriyo, 36 ans, a été battu et son bras droit a été amputé. Son corps, dans un état critique, a été retrouvé le mercredi matin 12 mars 2025 sur la colline Rukinga zone Rumonge commune et province Rumonge. Selon des témoins sur place, la victime a été arrêtée par des personnes non encore identifiées qui l’ont amenée sur cette colline pour l’abandonner dans un champ de manioc au cours de la nuit du 11 mars 2025.

Selon une source policière, la victime, présumée voleur, était un habitant du quartier swahili à la 3ème avenue. Elle a été évacuée vers l’hôpital de Rumonge où elle reçoit des soins.

C’est la 2ème victime de justice populaire à Rumonge en moins d’un mois. Au cours de la semaine du 7 mars 2025, une autre personne avait été tuée par des personnes non encore identifiées pour les mêmes soupçons.

Certains habitants suspectent les jeunes imbonerakure membre des comités mixtes de sécurité d’être derrière ces crimes de justice populaire. Ce sont eux qui font des patrouilles nocturnes dans tous les quartiers dans les heures avancées, indiquent certains habitants de cette colline.

Ces habitants regrettent que les autorités administratives et policières ne parviennent à couper court avec ce phénomène de justice populaire.