UN ENTRAINEMENT MILITAIRE DES JEUNES IMBONERAKURE VIRE AU DRAME EN PROVINCE DE CIBITOKE

Au cours d’un entraînement militaire destiné aux Imbonerakure, la jeunesse affiliée au parti au pouvoir, le CNDD-FDD, en province de Cibitoke à l’Ouest du pays, le mardi 25 mars 2025, un tragique incident s’est produit aux alentours de 16 heures.

Des tirs d’armes lourdes et légères au champ de tir de Cishemere, situé à moins de trois kilomètres du centre provincial, ont atteint des orpailleurs travaillant sur un site aurifère voisin. Le bilan est lourd : deux Orpailleurs sont morts sur place et trois autres ont été gravement blessés puis transférés en soins intensifs. Selon des témoins oculaires, les exercices militaires ont semé la panique parmi la population locale. Les balles perdues et éclats d’obus ayant causé cette tragédie posent de sérieuses questions sur la sécurisation des zones proches des lieux d’entraînement.

Un Entraînement Encadré, mais Controversé

Ces manœuvres militaires impliquaient non seulement des Imbonerakure, mais également des membres de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) et, selon une source sécuritaire locale, des combattants des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Toujours d’après cette source, ces entraînements viseraient à préparer de futurs déploiements au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans la lutte contre les rebelles du M23.

Cependant, la militarisation des Imbonerakure suscite de plus en plus d’inquiétudes. Alors que ces jeunes sont censés être des militants politiques, leur implication dans des exercices armés est perçue comme une menace pour la sécurité des civils et pour la stabilité de la région.

Réactions Officielles et Inquiétude de la Population

Le commandant du 112ᵉ bataillon du camp de Cibitoke a confirmé la mort des deux orpailleurs. Il a toutefois qualifié cet incident d’« isolé » et assuré que des messages de prévention sont régulièrement diffusés pour éloigner les civils des zones d’entraînement. Néanmoins, il a nié toute implication des Imbonerakure malgré les témoignages concordants et les aveux de certains membres de ce mouvement.

Les habitants, quant à eux, expriment leur colère et leur peur. Ils réclament l’arrêt immédiat de ces exercices militaires dans des zones habitées ou proches de sites de travail. La situation est d’autant plus préoccupante que le champ de tir de Cishemere n’est pas seulement proche des zones d’habitation, mais également d’un site de transit pour les réfugiés congolais. Les habitants ont signalé que ce n’est pas la première fois que des civils soient victimes des accidents liés aux exercices militaires à Cishemere. En moins de six mois, huit personnes, dont six enfants, ont perdu la vie dans des incidents similaires. Ces enfants, souvent à la recherche de débris métalliques, ont été tués par des engins explosifs non désamorcés.

Ces drames successifs soulèvent des interrogations sur la responsabilité des autorités en matière de sécurisation des zones militaires. La population s’interroge également sur l’utilisation des jeunes du parti au pouvoir comme force paramilitaire, un phénomène qui pourrait fragiliser davantage la paix sociale.

Rutana- justice : Le Commissaire de Police Gérard Nduwimana arrêté à Rutana soupçonné de menacer la femme de son débiteur d’une somme de 15 millions.

Le commissaire de police de l’air et des frontières de Rutana, Gérard Nduwimana, a été arrêté dans la nuit du jeudi 27 mars 2025, à Rutana   sur ordre du procureur général près la cour d’appel de Makamba.

Gérard Nduwimana, un haut responsable de la police provinciale, est accusé d’avoir menacé, avec son arme à feu, la femme d’un de ses débiteurs, un commerçant bien connu de la région, d’une somme de 15 millions de francs burundais.

Le débiteur est un homme d’affaires influent, proche du gouverneur de la province, Olivier Nibitanga, et membre du parti au pouvoir. Selon des informations sur place, le commerçant aurait fui la province après avoir appris que son créancier avait saisi les autorités judiciaires et policières pour l’aider à récupérer la somme qui lui était due. Craignant des représailles, l’homme a envoyé sa femme à Rutana pour vendre leur maison située au chef-lieu de la province afin de rejoindre son mari en Zambie.

Des sources à Rutana affirment qu’au début, l’incident s’est déroulé dans un bistrot du chef-lieu de la province. Le Commissaire de Police Gérard Nduwimana avait demandé à l’épouse de ce commerçant de lui rembourser cette dette. Gérard Nduwimana a été informé de la vente de sa maison et a demandé à être accompagné du commissaire de la police de sécurité intérieure et de quelques témoins, dont des jeunes membres du groupe Imbonerakure, lors de la transaction. Lorsque la femme s’est aperçue que le contrat de vente ne se concluait pas comme prévu, elle a accepté de rembourser 5 millions de francs sur place et de payer le reste de la dette par tranches.

Quelques heures après, l’affaire a pris un tournant inattendu. Le gouverneur de Rutana a ordonné l’arrestation du commissaire Nduwimana, l’accusant d’avoir menacé la femme avec son arme de service. Le procureur général près la cour d’appel de Makamba a donc procédé à son arrestation. Ce commissaire a été directement transféré à Makamba après avoir été désarmé.

L’arrestation de Gérard Nduwimana a provoqué un vif émoi au sein de la population de du chef-lieu de la province Rutana.

Selon nos sources sur places, le Gouverneur aurait cherché à se débarrasser du seul commissaire Tutsi, dans sa province et non membre du parti au pouvoir pour protéger ce commerçant.

L’intolérance politique se fait remarquer dans les communes de Rutana

Se manifestant sous diverses formes, l’intolérance politique qui se révèle à quelques mois des élections législatives et communales au Burundi est signalée en province Rutana. Les activités commerciales ont été paralysées par les Imbonerakure au centre urbain de Rutana

  • Les activités commerciales au centre urbain de RUTANA paralysées par les Imbonerakure

Le samedi 15 mars 2025, les jeunes Imbonerakure affiliés au parti CNDD-FDD ont paralysé les activités commerciales au centre urbain de RUTANA. Ils ont intimé l’ordre à toute personne tenant une boutique de la fermer sans justifier pourquoi. Cet ordre de fermeture de toutes les boutiques a été donné au moment où ils allaient défiler dans le cadre de la démonstration de force de ces Imbonerakure. Ils scandaient des chants menaçants et des propos violents en lien avec les prochaines élections comme: « AKUZUYE NTIKAMURIKWA,INTSINZI NI CASH,… » Pouvant se traduire en: « CE N’EST PLUS A DEMONTRER, LA VICTOIRE EST GARANTIE » Trois heures sont passées sans qu’aucune boutique n’ouvre. La population du centre de Rutana a été prise par la peur pendant cette fermeture des boutiques par force.

  • Perturbation des activités du parti UPRONA en commune Giharo          

Dans la même province de Rutana en commune GIHARO, une intolérance politique s’est manifestée lors d’une rencontre des cadres provinciaux du parti UPRONA à Rutana le 15 mars 2025. Le secrétaire de ce parti en commune de GIHARO province de Rutana, a dit que ces cadres ont été malmenés par les imbonerakure au moment où ils commençaient une réunion sur la colline BAYAGA en zone de GIHARO. L’administrateur de cette commune a dû intervenir   pour calmer la situation. Les partis politiques dans cette province craignent une escalade électorale.

DEFENDDEFENDERS : LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME AU BURUNDI

RAPPORT TRIMESTRIEL CONSOLIDE

AVEC LA COLLABORATION DES ORGANISATIONS

OCTOBRE -DECEMBRE 2024

ACAT-Burundi, l’APRODH, le CAVIB, la CB-CPI, la CBDDH, la CDH-VICAR, le CREDEJ,ESDDH, le FOCODE, le FORSC, le Mouvement INAMAHORO, Light for All, la LIGUE ITEKA, le « Media Group » (Inzamba, Renaissance, Humura) et le MFFPS

0.1 ANALYSE DU CONTEXTE

La période d’octobre à décembre 2024 a été marquée par un contexte socio-économique et politico-sécuritaire difficile, dont une série de violations des droits des citoyens.

Sur le plan socio-économique, la paupérisation de la population s’est poursuivie avec le manque continuel des produits de première nécessité, comme le carburant, qui occasionne la hausse vertigineuse du niveau général des prix. Une analyse prévisionnelle de la Banque
Mondiale1 confirme que la croissance devrait ralentir à 2,2 % en 2024, en raison des pénuries persistantes de carburant et de devises étrangères, qui continuent de peser sur l’économie nationale.

Télécharger le rapport

 

 

APPEL DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES ET NATIONALES BURUNDAISES DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS POUR LA LIBERATION DE LA JOURNALISTE ALINE SANDRA MUHOZA

LE GOUVERNEMENT DU BURUNDI DOIT LIBÉRER IMMÉDIATEMENT ET SANS CONDITION LA JOURNALISTE ALINE SANDRA MUHOZA EN DETENTION ARBITRAIRE DEPUIS LE 13 AVRIL 2024

Aline Sandra Muhoza, journaliste en détention arbitraire

Les organisations signataires de la présente déclaration sont profondément préoccupées par la violation des droits humains et des libertés fondamentales ainsi que le verrouillage de l’espace civique au Burundi. La journaliste Sandra Muhoza, détenue arbitrairement depuis le 13 avril 2024, se trouve être l’une des nombreuses victimes de cette situation dramatique. Les organisations signataires demandent instamment sa libération.

En effet, les principes de Justice équitable, de respect des procédures judiciaires et de la loi sans aucune discrimination, d’indépendance de la magistrature, d’impartialité du magistrat et de la légalité ne servent plus de bases pour la gouvernance alors que le Burundi a adhéré et ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs à la protection et à la promotion des droits de la personne humaine.

Télécharger la Déclaration 

Download English version  

 

Atteinte au droit de bénéficier des soins de santé et au procès équitable à l’endroit du Dr Christophe SAHABO : Où est la CNIDH ? Complaisance, complicité ou impuissance ?

Christophe Sahabo

L’association « Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en danger » (ESDDH en sigle) est profondément préoccupée par la situation alarmante du détenu Dr Christophe SAHABO1 qui est gravement malade et de l’injustice qu’il est entrain de subir depuis près de deux ans et demi au vu et au su de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH).

La CNIDH : Complaisance?, Complicité ou impuissance ?

Dr Christophe SAHABO a passé 45 jours2 en garde à vue aux cachots du Service National de Renseignements(SNR) alors que la loi n’autorise qu’un maximum de 14 jours3 (article 34 du Code de Procédure Pénale/CPP). De surcroit, Dr SAHABO a été sommé de présenter sa démission sous les verrous4.

Cela étant, la CNIDH étant toujours là et assiste à cette situation sans une moindre action au profit de cette victime d’une détention arbitraire et se trouvant dans le besoin de secours urgent.

TÉLÉCHARGER LA DÉCLARATION

 

 

 

Lettre de ESDDH au Président Evariste Ndayishimiye

Suite à la libération de la Journaliste Floriane IRANGABIYE par Grace présidentielle, ESDDH s’adresse au président de la République pour exprimer sa satisfaction et en meme temps lui demander de libérer d’autres prisonniers injustement incarcérés. 

Pour plus de détails,

Télécharger la lettre ici

« BURUNDI : LIBERTE POUR LA JOURNALISTE FLORIANE IRANGABIYE »

Note d’analyse critique sur la procédure judiciaire du “dossier de la journaliste Floriane Irangabiye”

Août 2024


Floriane Irangabiye

La présente note d’analyse émise par l’association Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en Danger (ESDDH) a pour but d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur le processus juridique ayant caractérisé le dossier de la journaliste Floriane Irangabiye et d’attirer leur attention sur la motivation politique téléguidant ce harcèlement judiciaire. Le dossier de Mme Floriane Irangabiye est un cas emblématique d’injustice qui défraie la chronique depuis deux ans et qui ternit davantage l’image de la Justice burundaise , déjà hautement politisée. Après une analyse fouillée de toute la procédure pénale suivie dans ce dossier, l’ESDDH constate beaucoup de vices majeurs qui ne peuvent être réparés que par la révision du jugement inique à l’endroit de cet innocent.

La Ministre de la Justice est appelée à instruire au Procureur de la République la saisine de la cour suprême1 en ayant préalablement mis en liberté la journaliste Floriane Irangabiye.

Télécharger le document 

 

 

Déclaration de la société civile burundaise indépendance à l’occasion de la célébration du 73ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

A l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, célébrée le 10 décembre de chaque année, qui correspond à la date de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme le 10 décembre 1948, les organisations de la société civile burundaise indépendante signataires de la présente portent à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ce qui suit :

Déclaration de la société civile indépendante à l’occasion de la célébration du 73ème anniversaire de la DUDH